Actualisation du plan de gestion 2017 « Quand une majorité de 30 ans n’apprend pas de ses erreurs »

Nous voici confronté à une nouvelle actualisation du plan de gestion de la Ville de Liège. Rare sont ceux qui, dans cette assemblée, n’ont pas déjà dû se pencher sur cet exercice contraignant, mais pourtant fort utile.

Le MR a indiqué sa disponibilité pour travailler, d’une manière constructive, à l’élaboration de l’actualisation du plan de gestion. Nous n’avons cependant été convié à aucune réunion.

Premier constat : 61 % de la rentabilité des mesures du dernier plan de gestion vient donc de taxes et redevances.

Deuxième constat : « ce n’est pas de ma faute », mais celle du pouvoir fédéral.

Troisième constat : Hors pensions, la Ville est en boni ! ou comment la majorité s’exonère de sa responsabilité première d’assurer que ses anciens agents bénéficient d’une pension.

Quatrième constat : On reporte l’effort sur les générations futures.

Cinquième constat : des économies optimistes.

Sixième constat : des économies virtuelles.

Septième constat : haro sur les propriétaires qui améliorent leur bien.

Huitième constat : l’équité fiscale peut-elle camoufler l’absence de mesures fondamentales ?

Neuvième constat : On ne voulait pas des sanctions administratives communales… mais on ne s’en prive pas.

Dixième constat : des prévisions fantaisistes contredites par les chiffres des comptes.

 

Lire plus ? https://fr.slideshare.net/Michelpeters/plan-de-gestion-2017

 

Certitudes et incertitudes…

images« L’incertitude est le pire de tous les maux jusqu’au moment où la réalité vient nous faire regretter l’incertitude » disait Alphonse Karr, romancier et journaliste français du 19e siècle.

 

A la Ville, les dépenses de personnel sont en baisse de 300.000 €. Un % de cette masse totale pour l’indexation en juillet représente 1.532.354 €.

Le Collège prévoit 90 départs étalés sur 2014, pour un total approximatif de 45 ETP soit 45*58.000 € = 2.610.000 €.

Où est le solde de 777.646 € ? Dans une série d’augmentations barémiques et de promotions diverses vraisemblablement, pour quelques centaines de milliers d’euros…

Il ne « compense que très «  partiellement le « crédit spécial » de recettes préfigurant les dépenses non engagées de l’exercice et crédité à hauteur de 1.250.000 € qui signifie que le Collège estime ne pas faire 1.25 M € de dépenses de personnel.

Première certitude: en inscrivant ce crédit spécial, le Collège opte sans l’avouer pour la réduction du personnel. A défaut, il mettra son budget personnel en déficit puisque le « crédit spécial » constitue une recette fictive.

Deuxième certitude : le personnel est devenu une variable d’ajustement budgétaire, plus une référence pour un service à la population.

A la Police, le budget affecté aux traitements des policiers est en augmentation de 0.35 % soit 136.725 €. Un % de ce crédit budgétaire pour l’indexation en juillet représente 396.987 €.

Pour assurer l’indexation du salaire de l’effectif moyen fixé à 1055 policiers, il manque 260.000 €.

Troisième certitude : les élections de mai 2014 passées, le Collège et le Chef de Corps ne procéderont plus au remplacement de quelques policiers. Un Inspecteur coûte 50.000 € par an… Dix devraient donc passer à la trappe au second semestre 2014…

Les heures supplémentaires ne sont pas indexées… parce que le Chef de Corps prétend mieux les réguler et les optimiser.  Etrange… l’an dernier elles étaient en augmentation pour compenser une réduction des coûts salariaux.

Quatrième certitude : cette optimalisation va nuire à la qualité de vie des policiers en leur faisant prester des heures sup de manière irrégulière, prévenu la veille au soir… deux heures par ci, deux heures par là. Ce n’est pas de l’optimalisation, mais de l’exploitation.

Revenons sur la seconde inscription budgétaire « crédit spécial » de recettes préfigurant les dépenses non engagées de l’exercice. le Collège estime pouvoir faire une économie d’1 M € en dépenses de dette.

Sur la dette, cela peut être une chose positive, pour autant que l’économie soit justifiée par des remboursements réduits, mais à concurrence d’un million d’euro…

Par contre, si c’est parce que certains investissements ne sont pas opérés – ou en retard – et n’engendrent donc pas de remboursement, c’est nettement moins positif.

Cinquième certitude : le Collège ne procédera pas à l’ensemble des engagements prévus en dépenses de dettes car de nombreux dossiers sont en retard.

Un contentieux fiscal de grande importance pour les pouvoirs locaux est en cours. Via une astuce fiscale, Belgacom et sa filiale immobilière Connectimmo pourraient récupérer plusieurs années de précompte immobilier indu.

Globalement, pour l’ensemble des communes wallonnes, le chiffre de 60 millions € est cité. Régions wallonne, bruxelloise, état fédéral et Belgacom sont en train de négocier la façon dont ce dossier va être solutionné. Il semble même que la discussion porte aujourd’hui sur l’étalement du remboursement et les intérêts… L’enjeu possible du dossier Belgacom pour la Ville : 4.440.000 €.

Première incertitude : l’impact pour la Ville et la période de remboursement. Mais le Collège a-t-il provisionné en vue de cette nouvelle difficulté à venir ? A la lecture du budget, non.

A la Police, un vieux litige est toujours en cours. La Police avait jadis provisionné 3.500.000 € pour faire face aux arriérés dus au personnel en matière de pécule de vacances (2002-2010). Le coût estimé (hors intérêts de retard éventuels) est de 10.165.268 €.

Deuxième incertitude : La Police a-t-elle provisionné en vue de cette nouvelle difficulté potentielle ? A la lecture du budget, il y a 6 M € dans les réserves…

La problématique des dividendes en général ; énergétiques en particulier.  Le transfert de la compétence tarifaire aux Régions a été fixé au 1er juillet 2014.  Les changements de tarif à venir suite au transfert de la tarification des GRD du fédéral aux régions (en Wallonie, la CWAPE) pourraient amener à une diminution des dividendes octroyés aux communes. C’est en tout cas la crainte des GRD.

Troisième incertitude : les recettes de dettes (dividendes, participations, etc.) fondent comme la neige sous un soleil de grande activité… Comment le Collège va-t-il les compenser ?

Sixième certitude : les lendemains seront durs pour les Liégeoises et les Liégeois.

Communiqué de presse du Groupe MR de Liège relatif aux budgets 2013 de la Ville, de la Police et du CPAS

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« A ce rythme-là, passons directement au budget de 2014 »

Le Groupe MR a pris connaissance de l’information selon laquelle le budget de la Ville de Liège ne serait pas prêt en mai et ne serait donc soumis au Conseil communal qu’en juin 2013.

« Toutes les autres Villes de Wallonie ont un budget et avancent. À Liège, alors que la majorité est identique depuis 24 ans, il faut plus de 8 mois pour pondre un budget qui de toute façon ne révolutionnera rien et ne changera rien » insistent les conseillers MR.

« On nous disait que ça n’avait pas de sens de faire une déclaration de politique générale complète sans budget et qu’on ferait tout en mai, mais finalement, le Collège change son fusil d’épaule et présentera un projet de Ville en mai puis un budget en juin. Pourquoi ce changement ? » s’interrogent-ils.

Quelles sont les conséquences pour les nombreuses associations de la Ville, pour l’administration, pour les écoles alors que les douzièmes provisoires n’ont plus de provisoire que le nom ?

La Ville vit au ralenti depuis la campagne électorale et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Un budget en juin, deux mois de vacances pour le Collège, pas de conseil communal en juillet et en août, le budget servira pour 4 mois. C’est tout simplement inadmissible et cela prouve le manque de respect de la majorité en place pour la population et pour les principes de bonne gouvernance.

Au-delà du budget de la Ville, ce sont également ceux de la Police et du CPAS qui sont reportés. Pourtant, le CPAS – aux dires du Bourgmestre – devait connaître une réforme rapide permettant des économies et la police doit finaliser des projets importants pour la sécurité des Liégeoises et Liégeois.

« La Ville veut-elle innover et être la première à présenter son budget pour 2014 ? En effet, à ce rythme-là, le Collège peut intituler son budget : « Budget pour 2014 », il sera inhabituellement en avance » conclut Christine Defraigne, cheffe de groupe.