Carré : dans le bon sens, mais peut encore mieux

019 - BPA_CArre[3]Le groupe MR au Conseil communal de Liège a pris connaissance, ce samedi 15 février 2014, des propositions du Collège visant à renforcer la sécurité dans le Carré.

« Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus par le Bourgmestre, que la situation bouge pour le carré et que certaines de nos propositions soient reprises, même si le dialogue annoncé ne s’est pas tenu » indique le MR.

« Le Bourgmestre a accédé à notre proposition de prévoir l’interdiction de la vente d’alcool par les night-shops, c’est une bonne nouvelle. Nous avons par contre davantage de doutes par rapport aux gobelets en plastique. Après une première prise en charge partielle par la Ville, le coût sera-t-il répercuté sur les cafetiers ? » s’interroge la cheffe de groupe, Christine Defraigne.

« Je me réjouis que le Collège retienne enfin notre proposition de périmètre au sein duquel il sera interdit de pénétrer ou de consommer des boissons contenues dans des bouteilles en verre, comme pour Outremeuse le 15 août », note Michel Péters.

« Nous regrettons cependant que notre proposition d’installer une zone « sûre » ou « Safe place » via un poste avancé de police à proximité immédiate ou à l’intérieur du Carré n’ait pas été retenue » ajoute Sébastien Bovy.

« Enfin, constater des problèmes de consommation excessive d’alcool par des mineurs est une bonne chose, mais pourquoi alors ne pas appliquer les mêmes mesures d’interdiction de vente dans les magasins de nuit les mercredi et vendredi de 14 à 18 heures ? » renchérit Gilles Foret.

Les conseillers réformateurs espèrent que ces mesures ne seront pas que cosmétiques mais réellement suivies d’effets, que des contrôles seront effectués et que tous les acteurs prendront leurs responsabilités. Ils interrogeront le Collège à ce sujet lors du prochain Conseil et déposeront plusieurs amendements.

« Reste maintenant à voir si ces bonnes intentions seront suivies d’effets concrets positifs. Je m’inquiète également de ne rien lire concernant un renforcement de la présence policière, c’est pourtant un élément clé et nous avions émis plusieurs propositions dans ce sens. Je constate enfin, une fois de plus, que le Bourgmestre refuse de s’approprier les nouvelles dispositions relatives aux sanctions administratives communales » conclut Christine Defraigne.

Christine Defraigne

Michel Péters

Sébastien Bovy

Gilles Foret

Conseillers communaux

10 propositions pour le Carré

Le Carré est un haut lieu d’animation de notre Cité. Nous y avons toutes et tous passé de nombreuses heures.  Que l’on soit jeune ou moins jeune, parent ou non, l’insécurité dans ce lieu emblématique retient systématiquement notre attention, comme si l’on ne voulait accepter que ce lieu où nous avons passé de si bons moments se perde…

La sécurité dans le Carré a toujours été un problème.  C’est inhérent à un lieu où de nombreuses personnes se regroupent et consomment de l’alcool.  Mais la situation s’est détériorée ces dernières années.

Les autorités en sont conscientes puisqu’elles ont notamment mis en place une surveillance policière (la chenille) les jours de grande affluence ou des actions de sensibilisation à la consommation excessive d’alcool, entre autre par les mineurs (Respect 16).

Les commerçants l’ont compris également. Quasi tous, aujourd’hui, recourent aux services d’un gardien ou ont installé des caméras de surveillance.

A côté de la problématique de la sécurité, la consommation abusive d’alcool sur la voie publique par des mineurs y est souvent excessive. Le mercredi et le vendredi, il n’est pas rare de retrouver des jeunes affalés sur le sol. Les boissons alcoolisées par ces mineurs ne leur sont pas vendues par les établissements HORECA qui sont régulièrement contrôlés par les services compétents. Il faut dès lors envisager des solutions pour mettre un terme à ces comportements, d’autant que les études les plus récentes démontrent les conséquences désastreuses de l’alcool sur le développement du cerveau. Les capacités de raisonnement, de planification, d’orientation dans l’espace et la mémoire peuvent être endommagées par l’alcool. Une consommation excessive n’a donc pas uniquement un effet visible sur le fonctionnement de la mémoire, mais réduit aussi la concentration.  Les risques de troubles hépatiques et gastriques sont également plus élevés en cas de consommation importante. Enfin, l’alcool peut également dérégler l’équilibre hormonal.

On le voit, outre l’ordre public, la santé publique peut être affectée par des comportements inappropriés. Cela justifie amplement la nécessité, pour les autorités publiques, d’intervenir pour baliser, sécuriser et conscientiser.

L’objectif est de rendre ses lettres de noblesse à ce quartier qui a contribué, et contribue encore aujourd’hui, à la renommée liégeoise. C’est en outre un pôle d’attractivité touristique, commercial, et estudiantin…

Nos propositions font suite à des rencontres multiples avec les intervenants divers du Carré et notamment à un afterwork le 19 septembre sur le thème « « Un avenir radieux pour le Carré ? ».

Le MR déposera une motion au conseil communal du 27 janvier 2014 afin d’inciter le Collège :

 –                     à prendre « le taureau par les cornes » plutôt que de s’en tenir à des effets d’annonce

–                     à ouvrir le débat démocratique alors qu’aujourd’hui il est confisqué par quelques initiés…

–                     à assurer la sécurité et garantir les conditions les plus favorables pour un développement commercial harmonieux.

Ces proposition sont consultables ici

Carré : durcir la répression des incivilités et insécuriser la délinquance par une plus forte présence de policiers en civil

Carré LiègeInterpellation au conseil communal du 28 janvier 2013

Monsieur le Bourgmestre,

Je vous ai interpellé à plusieurs reprises ces dernières années sur la situation du Carré, au conseil communal, en commission ou à l’occasion des commissions Police.

J’ai eu l’occasion de vous proposer des pistes de réflexion, notamment via l’adoption d’un Règlement particulier de Police et de gestion patrimoniale pour le Carré ou le Règlement de police relatif à l’implantation et à l’exploitation de magasins de nuit et de bureaux privés pour les télécommunications.

Dans le Carré, il suffit de faire quelques mètres pour se procurer – jour et nuit – des bouteilles d’alcool vendues par des « night-shop » qui n’en ont plus que le nom, en violation complète du Règlement de police relatif à l’implantation et à l’exploitation de magasins de nuit et de bureaux privés pour les télécommunications adopté le 25 juin 2007.
Ces commerçants se sont adaptés et, en vendant maintenant quelques sandwichs préemballés, ils échappent aux obligations réglementaires et ouvrent quasi en permanence.
Lors de la dernière Saint-Nicolas, violant les dispositions réglementaires imposées aux commerçants HORECA, les night-shop vendaient, en pleine journée, des bouteilles de bière en verre d’une contenance de 75 cl à un prix défiant toute concurrence. Je vous avais interpellé à ce sujet, vous ne m’avez pas répondu.

Les infractions aux règlements et dispositions légales non communales ont-elles été constatées ? Quel en est le suivi ? Des sanctions administratives ont-elles été adoptées ? De quel type ? Ont-elles conduit à des fermetures définitives ?

Par ailleurs, il importe que vous preniez mesure de la violence qui règne autour et alentours du Carré.
Depuis ma dernière interpellation sur le sujet, la situation s’aggrave. Les agressions se multiplient, traumatisant les jeunes qui en sont victimes et les commerçants qui investissent dans leurs établissements.

Vous avez nié l’existence de « bandes urbaines » qui séviraient dans le Carré. Pourtant, il faut accepter le fait – les témoignages sont nombreux – que des groupes de jeunes installés aux entrées du Carré insultent et agressent les usagers. Tels des prédateurs, ils se postent aux alentours du Carré attendant leur proie rendue vulnérable par « l’excès de fête ».

Monsieur le Bourgmestre, la situation n’est pas encore désespérée, mais il est urgent d’intervenir avec vigueur.

Je vous propose dès lors une triple action.

La récente « Note de politique générale de la Ministre de l’Intérieur » entend raffermir la lutte contre les incivilités via un nouveau projet de loi qui renforcera, via la loi communale, les compétences de police administrative du Bourgmestre. Celui-ci pourra, en cas de trouble à l’ordre public causé par des comportements individuels ou collectifs ou en cas d’infractions répétées aux règlements et ordonnances du Conseil communal commises dans un même lieu de la commune, ou à l’occasion d’évènements semblables se déroulant dans la commune et impliquant un trouble de l’ordre public, décider d’une interdiction temporaire de lieu(x) clairement délimité(s) d’un mois, renouvelable deux fois à l’égard du ou des auteurs de ces comportements.
Je vous suggère, dès que possible, de proposer au conseil communal l’introduction de cette nouvelle possibilité dans notre règlementation communale visant à lutter contre les incivilités et de l’utiliser à l’encontre des personnes qui commettraient leurs méfaits dans le Carré et ses environs. Nous pourrions, à cet effet, délimiter un périmètre précis des rues concernées par cette réglementation nouvelle.

Ensuite, tout en maintenant la présence policière en uniforme, je vous invite à renforcer la présence de policiers en civil dans le Carré via la mise en place d’un système de surveillance et d’action s’apparentant à celui des stades de football. Ces policiers en civil rempliraient les missions de « spotter » telles que définies par la circulaire ministérielle OOP 38 :
• apporter un soutien tactique et opérationnel dans les tâches de maintien de l’ordre, en collectant puis en transmettant des informations (structures, alliances, stratégies des groupes), mais également en assurant une présence visible pour prévenir, limiter ou faire cesser les incidents ;
• diriger ou appuyer les enquêtes judiciaires et/ou administratives, en collaborant à l’identification des auteurs d’infraction et en établissant la charge de la preuve.
Mais, pour être efficace, j’estime que l’idéal serait d’adopter de préférence une tactique « Marcus » permettant – au-delà de l’observation – l’intervention des équipes de policiers en civil.

Par ailleurs, il pourrait être demandé aux services judiciaires de réserver une attention particulière aux dossiers des délinquants sévissant dans le Carré, peut-être via une « tolérance zéro ». Avez-vous eu des contacts en ce sens ?

La sécurité de nos jeunes dans le Carré exige la mise en place de moyens efficaces d’intervention policière et de répression administrative et judiciaire ; je souhaiterais savoir si le Bourgmestre est décidé à y recourir.