Communiqué de presse du Groupe MR de Liège relatif aux budgets 2013 de la Ville, de la Police et du CPAS

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« A ce rythme-là, passons directement au budget de 2014 »

Le Groupe MR a pris connaissance de l’information selon laquelle le budget de la Ville de Liège ne serait pas prêt en mai et ne serait donc soumis au Conseil communal qu’en juin 2013.

« Toutes les autres Villes de Wallonie ont un budget et avancent. À Liège, alors que la majorité est identique depuis 24 ans, il faut plus de 8 mois pour pondre un budget qui de toute façon ne révolutionnera rien et ne changera rien » insistent les conseillers MR.

« On nous disait que ça n’avait pas de sens de faire une déclaration de politique générale complète sans budget et qu’on ferait tout en mai, mais finalement, le Collège change son fusil d’épaule et présentera un projet de Ville en mai puis un budget en juin. Pourquoi ce changement ? » s’interrogent-ils.

Quelles sont les conséquences pour les nombreuses associations de la Ville, pour l’administration, pour les écoles alors que les douzièmes provisoires n’ont plus de provisoire que le nom ?

La Ville vit au ralenti depuis la campagne électorale et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Un budget en juin, deux mois de vacances pour le Collège, pas de conseil communal en juillet et en août, le budget servira pour 4 mois. C’est tout simplement inadmissible et cela prouve le manque de respect de la majorité en place pour la population et pour les principes de bonne gouvernance.

Au-delà du budget de la Ville, ce sont également ceux de la Police et du CPAS qui sont reportés. Pourtant, le CPAS – aux dires du Bourgmestre – devait connaître une réforme rapide permettant des économies et la police doit finaliser des projets importants pour la sécurité des Liégeoises et Liégeois.

« La Ville veut-elle innover et être la première à présenter son budget pour 2014 ? En effet, à ce rythme-là, le Collège peut intituler son budget : « Budget pour 2014 », il sera inhabituellement en avance » conclut Christine Defraigne, cheffe de groupe.

Réformer les CPAS pour une égalité de tous face au besoin de protection et la responsabilité de chacun face au contrat social.

A l’heure où certains profitent de la période électorale pour – encore et toujours – réclamer un refinancement fédéral des CPAS, d’autres préfèrent mener une réflexion sur le devenir des CPAS, outil social essentiel, mais parfois « décalé » dans notre société.

Bien que la Belgique fasse partie des pays les plus riches d’Europe et même du monde, force est de constater que certains groupes socio-économiquement fragilisés vivent une situation de précarité sociale qui tend à les mettre en marge voire à les exclure de notre société.  Ces inégalités, ces injustices remettent en cause les grandes valeurs libérales.  La pauvreté réduit la liberté, vicie la liberté, altère la solidarité.

Cependant, si la pauvreté réduit les droits, elle n’encourage pas non plus les personnes qui en souffrent dans une prise de responsabilité, dans l’envie du dépassement de soi ou d’engagement pour l’autre, au sens large.

Souvent aussi, la personne en situation de pauvreté est perçue comme quelqu’un qui ne peut rien apporter à la société, qui doit se contenter de son allocation.  D’aucuns – et c’est inacceptable – entretiennent volontairement cet état de dépendance.

La révision des dispositions légales relatives au Minimex substituait l’Etat social actif à la notion d’assistanat.  Force nous est de constater que le morcellement de l’aide sociale engendre un éclatement des subventions et une instrumentalisation des services sociaux.  Ils deviennent essentiellement des distributeurs de ressources diverses (aide mazout, chèque sport, bons alimentaires, etc.).  Ceci renforce chez le bénéficiaire une logique de consommation passive et ne l’encourage pas à s’engager dans un projet de vie meilleure et plus autonome !  Si le discours officiel se veut autonomisant, dans les faits, on constate un retour en force de l’assistanat ou du CPAS « Mister Cash ».

De ce CPAS là, nous ne voulons plus !  Une profonde réforme s’impose, non pas pour l’Institution, mais pour ses bénéficiaires.  Face à cette mutation nécessaire, nous n’avons aucun tabou, nous ne rejetons pas le changement parce qu’il est changement et si les CPAS doivent, pour être plus efficaces et concentrer leurs moyens à l’essentiel, réintégrer les villes et communes, qu’il en soit ainsi !

Le CPAS de demain devra se limiter strictement au travail social intégré.  Il faut se poser la question une fois pour toute : la prolifération des aides particulières dispensées d’accompagnement personnalisé est socialement moins efficace.  N’est-elle pas plus onéreuse également ?

Le CPAS de demain devra s’occuper avec une parfaite égalité de tous ses attributaires, quelque soit leur âge et leur condition.  De nombreuses personnes ne peuvent être remises immédiatement au travail sans un accompagnement social adéquat.  Pour beaucoup, la réinsertion passe par une prise en charge médicale, administrative, psychologique, locative, etc.  Il est illusoire de croire également que tous pourront, à un moment quelconque, se réinsérer professionnellement.

Que faire dès lors ?  Les pouvoirs publics ne peuvent accepter que des milliers de citoyens restent dans l’ombre.   Nous ne pouvons l’accepter pour la dignité des personnes, mais aussi par équité sociale.  C’est une question d’égalité de tous face au besoin de protection et de responsabilité de chacun face au contrat social.

Une réponse nouvelle doit être apportée à ces situations en activant véritablement le volontariat.  Le volontariat associatif et public, rémunéré, aurait pour vocation de devenir le troisième pilier des ressources humaines des associations parallèlement au bénévolat et à l’emploi associatif salarié ; il comblerait ainsi un manque réel en permettant à un allocataire social de s’investir pleinement pour une durée déterminée dans un projet d’intérêt général.  Il constituerait également un levier indispensable pour le développement du mouvement associatif dans son ensemble.

Il n’est pas impensable ou irrespectueux de demander aux bénéficiaires d’une aide de la solidarité nationale de donner un peu de leur temps à l’autre via une association ou un pouvoir public.

Il n’est plus acceptable de laisser des êtres humains dans l’oisiveté la plus complète.  C’est refuser d’admettre que chaque citoyen, avec ses difficultés, garde au fond de lui quelque chose qu’il peut partager avec les autres au profit de tous.

Ce projet optimiste et volontariste pourrait être étendu aux bénéficiaires d’autres interventions de notre sécurité sociale.  Un demandeur d’emploi de longue durée ne mérite-t-il pas, lui aussi, un accompagnement personnalisé qui permet de déceler des difficultés sociales, médicales ou autres qui lui interdisent une immédiate réinsertion professionnelle.

Cette réforme est indispensable, elle est dans l’intérêt de tous, surtout des bénéficiaires.  Sa réussite est un gage de respect de notre cohésion sociale.

Sauvez l’institution sociale est à ce prix : lui rendre sa vocation première qu’est l’accompagnement social personnalisé.

 

Michel Péters

Ancien Chef de groupe MR au CPAS de Liège

Conseiller communal