Déclaration de politique communale logement : quand la majorité (entr-) ouvre les yeux !

La Déclaration politique communale en matière de logement est un acte certes obligatoire de la vie communale, mais il est surtout une démarche essentielle. L’évolution démographique, le vieillissement de la population, les flux migratoires, la décohabitation, etc. lui donnent encore plus d’importance.

Liège sera confronté, dans les 20 prochaines années, à un besoin oscillant entre 12.000 et 15.000 nouveaux logements. De quoi, assurément, faire de la politique du logement LA priorité du collège et pas, comme l’indique votre déclaration, UNE priorité.

briqueMadame l’Echevin, il y a du bon dans cette déclaration, mais elle manque de conviction, de force.

Tout d’abord, et j’ai pu vous le dire en commission, le constat est un peu faible. Je sais que le prochain ancrage communal listera une série de données statistiques, mais je pense qu’elles auraient déjà dû être présentes dans ce texte, car elles sont les indicateurs des actions politiques à mener. Sans constat précis, pas d’analyse. Sans analyse objective, pas de plan d’actions crédible.

Je salue cependant une certaine prise de conscience de votre majorité par rapport à une nécessaire augmentation de logements publics et privés.  La ville a mis du temps à comprendre que le secteur privé devait être incité à cet effort commun et je me félicite de la mobilisation du patrimoine public visant à la création de centaines de logements, publics et privés, dans le cadre de partenariats, de marchés de promotion et d’appels à intérêts. Pour qu’il y ait intérêt et partenariat, je me permets d’insister pour qu’il y ait transfert de la propriété publique vers le privé, au minimum via emphytéose.  Je pense également que vous devriez initier des Sociétés d’économie mixte (SEM) pour chaque projet d’envergure.

Cependant, avant toute création de logement, il importe de mettre en place un véritable schéma urbain de développement du logement. Il faut tenir compte des besoins réels, actuels et prévisionnels plutôt que d’opter pour une mesure linéaire (atteindre 10 % de logements publics).

Les besoins et possibilités sont variables d’un quartier à l’autre en fonction de sa situation actuelle, héritée du passé, de sa sociologie, de sa démographie, de son offre en matière de mobilité, de commerces, d’écoles et autres services publics, mais également des réserves foncières disponibles, des espaces inoccupés – notamment publics – existants.

Cet outil essentiel devrait idéalement permettre de développer des coopérations entre acteurs publics et privés. Je ne suis pas convaincu que le cadastre que vous souhaitez mettre en place à cette portée essentielle, hélas.

Votre déclaration est assez faible au sujet de l’accessibilité à la propriété. Pourtant, l’accessibilité à la propriété est une priorité et une préoccupation permanente d’une grande majorité de Belges. Condition élémentaire à l’épa­nouissement personnel de bon nombre d’entre nous, elle vise également à renforcer la cohésion so­ciale. L’accès à la propriété offre une certaine sécurité d’existence, le projet d’une vie pour beaucoup et constitue souvent un investissement, voire la meilleure des épargnes-pension. La propriété, dans ce cas, est aussi un instrument de lutte contre la pauvreté.

Il est certain, aujourd’hui, que les marchés locatif, acquisitif et de constructions neuves sont interconnectés.  Il n’est dès lors pas optimal de concentrer la politique communale sur une seule intervention partielle.

Je note avec intérêt l’idée d’initier un Community Land Trust, mais alors même que vous vous lancez dans une politique budgétaire de vente de patrimoine immobilier, vous n’adoptez pas le droit de superficie au-delà du seul dossier de ce type initié il y a deux ans.  Pourtant, le droit de superficie est une alternative moins onéreuse que la location. Elle confère un droit réel permettant la déduction fiscale et permet aux plus faibles d’accéder à la propriété à moindre coût.

Le droit de superficie pourrait également être promotionné dans le logement public, de même que des systèmes innovants tels que la location-achat ou l’option d’achat de logements sociaux. A ce sujet, l’accessibilité des plus faibles à la propriété, votre note est muette.

La lutte contre les marchands de sommeil constitue, à très juste titre, un axe de votre déclaration, mais à mon sens cet axe a idéalement deux branches : la lutte contre ces propriétaires véreux et la lutte contre la fraude sociale liée au logement. La fraude sociale tue le social disait jadis le Président du CPAS ; dans le cas présent, singulièrement dans le secteur public, la fraude aux allocations sociales monopolise des logements dont Liège aurait bien besoin.

La Régie foncière est un acteur central de la politique communale du logement.  Nous estimons qu’elle doit encore être renforcée, notamment dans le cadre des partenariats évoqués ci-dessus.  Nous suggérons de lui donner de nouveaux moyens humains et financiers. De plus, elle ne doit pas avoir pour vocation d’être un grand gestionnaire d’immeubles, mais bien d’être le moteur du développement de projets urbanistiques (requalification revitalisation) dans le but de revendre le patrimoine rénové. Le produit des ventes étant réaffecté à de nouvelles opérations de rénovation. Il faut amplifier son rôle dans le cadre de la densification du centre-ville et de la politique des logements au-dessus des commerces.

Autre outil à disposition de la politique du logement, l’Agence immobilière sociale. Après une bien nécessaire réorganisation, il importe maintenant d’amplifier son action et ses missions.  Un projet comme les « capteurs de logements » initié à Charleroi devrait être mis en place.  Un capteur de logements consulte les journaux, les annonces sur les sites internet, se promène également dans les rues pour « capter » un bien disponible. Une fois un bien repéré, le propriétaire est contacté et informé sur les possibilités et avantages d’une location via l’AIS. 200 logements AIS à l’échelle d’une ville comme Liège, c’est insuffisant, je vous invite à vous engager devant le conseil à en avoir 500 d’ici 2018.

Le Commodat que je vous proposais il y a quelques mois est actuellement à l’étude dans vos services, c’est fort bien et j’espère que nous pourrons avancer dans la mise à disposition temporaire de logements publics inoccupés, mais salubres, aux SDF. Un autre projet, Housing First, initié par la Secrétaire d’Etat Maggie De Block, vise à tester, pendant 2 ans, six expérimentations d’accompagnement dans le logement de SDF via le Relais social du Pays de Liège. Je suis surpris du silence de votre note à ce propos.

La mise en place d’une résidence service sociale a retenu l’intérêt de votre collège, c’est une des bonnes résolutions de votre déclaration.  Les RSS présentent un réel intérêt pour le logement des personnes âgées une fois que le maintien à domicile n’est plus possible.  Votre projet de 20 lits ne permettra pas, vous en êtes consciente, de répondre à une demande croissante.

Quant au logement kangourou, que vous adoptez enfin (je l’ai proposé il y a quatre ou cinq ans), je me réjouis de le voir repris dans vos actions, mais il est plus que temps. A ce niveau, je vous recommande d’envisager la gestion via l’AIS en extension de ses missions.

En conclusion, Monsieur le Bourgmestre, Madame l’Echevin, je dirais que vous avez entrouvert les yeux, mais que le chemin est encore long.

Hélas, c’est bien tard et avec bien peu de moyen que vous voulez intervenir et vos mesures n’auront qu’un trop faible impact à court et moyen termes.

On ne sent pas, dans votre déclaration, le souffle d’une réelle politique volontariste, de quoi donner confiance aux investisseurs alors pourtant que le logement est un droit si essentiel pour chacun de nos concitoyens.

Budget 2013 Ville, Police, etc. : mes réactions sur le logement, la police, les taxes ; des propositions : audit, salle de guindaille, etc.

BudgetQuelques unes de mes interventions lors des trois conseils communaux consacrés aux divers budgets liégeois, mais aussi (surtout !) des propositions qui attestent que le MR est un groupe constructif.

 

Bonne lecture.

 

http://fr.slideshare.net/Michelpeters/budget-2013-fiscalite-et-amendements-mp-site-web

Tant de quartiers administrativement oubliés…

Le Collège du 27 avril dernier a entériné le déménagement du commissariat de Sainte-Marguerite de la rue Hullos à l’angle des rue Hocheporte et Agimont.  Je m’en réjouis pour les habitants de Sainte-Marguerite, mais aussi pour les policiers aujourd’hui obligés de travailler dans des conditions déplorables.

J’ai bien noté les motivations : vétusté du bâtiment, respect des normes en vigueur (PMR, prévention incendie, …), proximité de la Mairie du Quartier, des écoles, d’autres services communaux (crèche, CPAS, etc.).  Quelle chance inouïe ont les riverains de cette nouvelle infrastructure ! J’en suis heureux pour eux et ne remets pas en cause le déménagement du commissariat.

Un des arguments m’échappe cependant… Le nouveau commissariat sera situé, je cite, « au centre de la zone d’intervention du Commissariat ». Je me demande de quel « centre » on parle…

J’ai déjà pu le dire dans le cadre du dossier Patience et Beaujonc : de quartiers comme Cointe et Glain –en passant par Saint-Gilles, Saint-Laurent, Saint-Nicolas et Burenville – tous services sociaux, administratifs et policiers sont absents ! Tous ces habitants délaissés doivent « descendre » à Sclessin, au Laveu, aux Guillemins, à la Cité administrative ou à Sainte-Marguerite pour effectuer leurs démarches administratives ou policières ou encore rencontrer une assistante sociale.

J’avais suggéré d’investir l’ancien bâtiment de la direction du charbonnage Patience et Beaujonc.  Y installer une antenne administrative, un commissariat et une permanence sociale, à quelques mètres du nouvel hôpital du CHC aurait été judicieux.  Faute de démarche de la majorité, le bâtiment a été squatté et devra être détruit.  Une honte !

Aujourd’hui, je demande avec insistance une décentralisation administrative, policière et sociale permettant de desservir décemment les quartiers précités.  Le bâtiment qui accueillait jusqu’il y a 18 mois le siège des habitations sociales de Saint-Nicolas est rentré dans le patrimoine du Logis social et est vide.  Situé place Saint-Nicolas, au centre des quartiers, face à un arrêt de bus, jouxté d’une place-parking, il est l’endroit idéal pour mener ce projet de proximité au profit de la population.

Je souhaite connaître l’avis du Collège sur cette proposition d’affectation et l’interpelle à ce sujet ce 21 mai.

« Place du Tertre » : un espace de vie à retrouver au cœur de l’île.

Nombreux sont les Liégeoises et Liégeois qui se souviennent avec un brin de nostalgie de la « Place du Tertre » installée, jusque 1993, dans l’arrière-cour de l’ancienne glacière Koelmann. Pour les fêtes du 15 août, elle était le havre de paix, avec ses terrasses, ses parasols, ses peintres du dimanche et ses artisans. Elle rappelait le jumelage entrela République Libre d’Outremeuse etla Commune libre de Montmartre.

L’ancienne glacière a aujourd’hui rejoint un musée bruxellois – fuite de notre patrimoine – et forme, avec l’arrière-cour, un immense parking de près de2000 m², le tout dans un état de délabrement avancé…

Cet espace mérite que l’on s’y intéresse sérieusement.  Il mérite de l’ambition.

En front de voirie, il pourrait accueillir deux appartements (un bureau au rez) sous lesquels un accès vers l’arrière serait préservé.  Dans la profondeur, tout en se limitant aux zones actuellement bâties, six maisons unifamiliales pourraient être construites.  Au cœur de cet îlot, la place sur laquelle donne l’impasse des jardins, une ou deux maisons et la sortie de secours du Musée Tchantchès, serait préservée, de même que quelques emplacements de parking réservés aux riverains.

 La Placedu Tertre, revitalisée, aménagée et rendue publique, permettrait la réouverture de l’impasse des jardins qui mènerait de la rue Surlet à la rue de Pitteurs.

Ce projet est envisageable, il mêlerait logements, espaces vert et public, animations, commerce ou profession libérale.  Cette mixité des fonctions est, à notre sens, une garantie du bien-vivre en ville. Ce type de projet est, pour nous, une des voies d’un urbanisme attractif et respectueux des habitants.

Au bout de l’impasse des jardins, une potale, mais aussi une porte sur laquelle est inscrit « Fermé pour toujours ».  Nous ne pouvons nous rallier à cette idée et nous aimerions connaître, Monsieur l’Echevin, vos intentions pour redynamiser et redévelopper cet endroit.

Glain reste un quartier oublié. Que faire pour y remédier ?

Malgré des investissements récents et des projets dans le quartier de Glain, je pense notamment au Centre culturel communautaire (initiative du Logis social) ou à la construction d’une nouvelle maison des jeunes, le quartier de Glain semble présenter peu d’intérêt pour votre majorité.

Je propose quelques pistes de réflexion pour redynamiser ce quartier méconnu de notre cité.

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